Cette décision marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années pour favoriser le maintien des filles à l’école et réduire les inégalités d’accès à l’éducation. Jusqu’ici, la gratuité concernait déjà les jeunes filles du premier cycle et avait été progressivement étendue à certaines communes pour les classes du second cycle dans le cadre de projets pilotes. La réforme est désormais généralisée à l’ensemble du pays sous l’impulsion du nouveau Président Romuald WADAGNI.
Un levier pour l’égalité des chances
Pour les autorités béninoises, cette mesure vise à lever l’un des principaux obstacles à la poursuite des études des adolescentes : le coût de la scolarité. Dans de nombreuses familles à revenus modestes, les contraintes financières conduisent encore à privilégier la scolarisation des garçons au détriment des filles, particulièrement dans les zones rurales.
En supprimant les frais de scolarité dans l’enseignement secondaire public, le gouvernement entend améliorer les taux de maintien des filles à l’école, favoriser leur réussite académique et réduire les risques de décrochage scolaire, de mariages précoces et de grossesses adolescentes.
Une réforme inscrite dans une stratégie de long terme
La généralisation de la gratuité s’inscrit dans une série de réformes éducatives engagées depuis plus d’une décennie. Le Bénin avait déjà instauré la gratuité pour les filles au collège avant d’expérimenter son extension aux lycées dans plusieurs communes considérées comme vulnérables. Les résultats encourageants de cette phase pilote ont convaincu les autorités d’étendre la mesure à l’ensemble des 77 communes du pays.
Cette politique est également soutenue par plusieurs programmes nationaux et internationaux visant à promouvoir l’éducation des filles, l’autonomisation des femmes et le développement du capital humain.
Un investissement dans le développement économique
Au Bénin, comme dans de nombreux pays africains, le décrochage scolaire des filles demeure préoccupant. Selon l’UNICEF, seules 29 % des filles achèvent le premier cycle du secondaire et à peine 14 % terminent le second cycle dans le pays.
Au-delà de sa dimension sociale, la réforme est perçue comme un investissement stratégique pour l’avenir du pays. De nombreuses études démontrent qu’une année supplémentaire de scolarisation des filles contribue à améliorer leur insertion professionnelle, à accroître leurs revenus futurs et à renforcer la croissance économique nationale. En facilitant l’accès des jeunes filles au secondaire, le Bénin mise sur la formation d’une génération mieux qualifiée, capable de participer pleinement à la transformation économique du pays et de renforcer sa compétitivité à long terme.
