L’enfant est actuellement sous la protection des autorités de Sfax. La Croix-Rouge et plusieurs associations camerounaises implantées en Tunisie ont lancé un appel pour identifier les proches au Cameroun. Selon un responsable humanitaire local,
L’objectif principal est de garantir un cadre stable à l’enfant et de maintenir son lien avec ses origines
La fillette, née dans des conditions précaires, n’a connu que l’exil depuis sa naissance. Sa prise en charge initiale comprend un suivi médical, l’alimentation, et la sécurisation de son hébergement en attendant la localisation de ses proches. Les autorités tunisiennes, en coordination avec l’ambassade du Cameroun à Tunis, ont engagé les démarches administratives pour identifier et contacter la famille au Cameroun.
En effet la ville portuaire de Sfax constitue un point de départ majeur des migrations vers l’Italie. Selon des ONG locales, plusieurs centaines de migrants subsahariens résident temporairement dans la ville, souvent dans des conditions précaires. Les politiques migratoires tunisiennes, incluant rafles et expulsions, contraignent les familles à occuper des lieux improvisés tels que terrains vagues ou abris temporaires.
Le décès de Laure survient dans ce contexte de vulnérabilité. Foudroyée alors qu’elle cherchait un abri avec son enfant, elle illustre l’exposition directe des migrants aux intempéries et aux risques environnementaux dans la ville. Les données météorologiques indiquent qu’un orage violent s’est abattu sur Sfax dans l’après-midi du 16 août 2025, avec des précipitations dépassant 40 mm en moins de trois heures.
Les enfants, premières victimes des migrations
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 2 300 migrants ont perdu la vie ou disparu en Méditerranée depuis janvier 2024. Une proportion significative de ces victimes comprend des mineurs isolés, exposés à l’errance, à la malnutrition et à l’exploitation. Les mineurs non accompagnés représentent environ 18 % des migrants recensés en Afrique du Nord en 2024, selon les statistiques du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Ces données mettent en évidence la nécessité de dispositifs transnationaux de protection des mineurs, indépendamment du statut migratoire de leurs parents. Plusieurs ONG plaident pour la mise en œuvre rapide de mécanismes permettant la prise en charge sécurisée des enfants en situation de migration forcée.
Le cas de Laure s’inscrit dans un contexte migratoire plus large. Au Cameroun, 39,8 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2024, selon la Banque mondiale. Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 34 ans est estimé à 27 %, et les tensions sociopolitiques dans les régions anglophones contribuent à alimenter le flux migratoire.
Selon le ministère camerounais des Affaires sociales, environ 12 000 ressortissants ont quitté le pays pour l’Europe en 2024, avec une majorité transitant par la Libye, puis la Tunisie. Les données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indiquent que Sfax représente 32 % des points de concentration des migrants subsahariens avant embarquement vers l’Italie.
La route maritime entre Sfax et l’Italie reste l’une des plus empruntées et des plus dangereuses pour les migrants subsahariens. Depuis 2023, plus de 500 personnes ont disparu sur cette route, selon les chiffres officiels de l’OIM. Malgré le renforcement des patrouilles et les accords migratoires entre l’Union européenne et la Tunisie, le nombre de départs ne montre aucun signe de réduction, en raison du manque de perspectives économiques et sociales dans les pays d’origine.
