Alors que plusieurs pays, dont la France et le Gabon, ont procédé au rappel de lots de céréales infantiles de la marque Blédina pour cause de contamination à l’aflatoxine, les mêmes produits seraient toujours disponibles dans les rayons des supermarchés au Cameroun selon plusieurs sources. Une situation qui suscite l’inquiétude, notamment chez les parents, premiers concernés par l’alimentation de leurs nourrissons. Tout est parti du rappel lancé le 15 septembre 2025 par Blédina, filiale du groupe Danone. L’entreprise française spécialisée dans la nutrition infantile a identifié dans plusieurs de ses produits des taux d’aflatoxines dépassant les seuils réglementaires.
Ces substances toxiques, issues de certaines moisissures, sont reconnues pour leur potentiel cancérigène, avec des risques accrus pour les enfants en bas âge. Des produits comme les céréales saveur biscuitée, vanille gourmande, banane et lait, ou encore miel et lait, tous conditionnés en boîtes de 400g, sont concernés par cette mesure de retrait. En France, le dispositif de rappel a été activé sur l’ensemble du territoire. Blédina a appelé les consommateurs à ne pas consommer les produits concernés et à les rapporter au point de vente.
Dans la foulée, le Gabon a pris le relais avec une alerte sanitaire émise par l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), puis un arrêté formel de retrait signé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. La commercialisation des références incriminées est désormais interdite sur toute l’étendue du territoire gabonais. Pendant ce temps, au Cameroun, aucune mesure officielle n’a été annoncée. Dans les grandes surfaces de Yaoundé et Douala, les produits rappelés en France et au Gabon seraient toujours disponibles.
Un silence qui inquiète
Certains sont même proposés en promotion, sans la moindre mention d’un éventuel danger sanitaire. Les consommateurs, peu informés, continuent de les acheter en toute confiance. Le distributeur exclusif des produits Blédina au Cameroun, interrogé sur la question par nos confrères du journal “l’Economie, se serait abstenu de tout commentaire, estimant ne pas être compétent pour se prononcer sur cette affaire. Une absence de réponse qui laisse planer le doute et maintient les consommateurs dans une situation de vulnérabilité face à un risque bien réel. Blédina a pourtant précisé que les produits concernés ne présentent pas de risque immédiat en cas de consommation ponctuelle. Mais l’exposition répétée aux aflatoxines, notamment chez les nourrissons, peut avoir des conséquences graves sur la santé.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle que l’ingestion régulière de ces toxines, même à faibles doses, peut entraîner des lésions au foie, des troubles immunitaires ou encore des cas de cancer hépatique à long terme. La campagne de rappel de Blédina court jusqu’au 15 novembre 2025. En l’absence de réaction des autorités camerounaises, les produits rappelés continuent d’être écoulés dans le pays. Aucune communication officielle, aucun retrait, aucun appel à vigilance. Dans ce contexte, ce sont les familles, et en particulier les nourrissons, qui se retrouvent exposés.
