La journée suivait un cycle infernal : école dès l’aube, corvée épuisante pour aller chercher de l’eau à plusieurs kilomètres du village, repas précipité, puis montée dans les collines environnantes pour passer la nuit à l’abri des menaces qui rôdaient. Et tout recommençait le lendemain.
« Le temps pour jouer ? Un luxe inimaginable », confie une mère, le regard encore marqué par ces années de tension. Les familles vivaient dans l’angoisse permanente, priant pour le retour sain et sauf de leurs enfants partis quérir l’eau sous le soleil brûlant et les ombres menaçantes.
Le forage : un tournant salvateur
Puis survient le changement. Grâce à l’intervention de l’UNICEF et du Fonds central des Nations Unies pour les interventions d’urgence (CERF), un forage fonctionnel est installé au cœur de Dza Wandai. Bien plus qu’une simple source d’eau, il symbolise une renaissance.
Pour les enfants : Finies les marches dangereuses. Ils arrivent à l’école à l’heure et peuvent enfin jouer au football ou courir, le rire retrouvé, pour les mères : les longues marches sous la menace appartiennent au passé. L’eau accessible libère du temps pour la famille et les tâches quotidiennes et pour les pères : un soulagement profond. Plus de prières anxieuses pour le retour des enfants : l’eau apporte dignité et sérénité.
Ce projet, financé par le CERF mécanisme d’urgence débloquant rapidement des fonds pour les crises humanitaires illustre l’impact concret de la coopération internationale. Dans une région marquée par l’insécurité et les ramifications de Boko Haram, l’accès à l’eau réduit les vulnérabilités et renforce la résilience des communautés.
Moskota : l’urgence persiste
À quelques kilomètres, la réalité est plus sombre. À Moskota, l’eau disparaît. Un unique forage doit desservir plus de trois villages, tandis que les autres points d’eau sont à sec depuis plusieurs mois. Les familles y vivent le calvaire qu’a connu Dza Wandai hier : enfants exposés, mères épuisées, communautés fragilisées.
« Si l’espoir a jailli à Dza Wandai, il ne doit pas s’arrêter en chemin », alerte l’UNICEF. L’accès à l’eau potable est un droit humain fondamental, inscrit dans l’Objectif de développement durable n°6 des Nations Unies, et non un privilège réservé à quelques-uns.
Vers une mobilisation renforcée. Ces initiatives rappellent l’urgence d’investir dans les zones fragiles d’Afrique. Avec ses 600 millions de dollars annuels dédiés aux crises mondiales, le CERF a déjà transformé des milliers de vies au Cameroun. Mais face à la sécheresse, aux effets du changement climatique et aux conflits, il faut aller plus loin : davantage de forages, plus de maintenance, plus de financement.
Les autorités locales, les ONG et les donateurs internationaux doivent unir leurs forces. Partager cette histoire contribue à sensibiliser et peut déclencher de nouvelles actions à Moskota.
