La tragédie survenue chez Metafrique Steel S.A. ne se limite plus à un accident industriel. Elle entraîne désormais des décisions administratives et des mesures destinées à prévenir de nouveaux drames. Au lendemain du sinistre, la descente du ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a permis d’engager les premières dispositions. Entre fermeture du site, investigations techniques, suivi médical des blessés et accompagnement des familles endeuillées, les autorités et la direction de l’entreprise sont confrontées à l’urgence humaine et aux exigences de sécurité.
Arrêt des activités et mise sous scellés : les premières décisions
À l’issue de sa visite dans les installations de Metafrique Steel, le Pr Fuh Calistus Gentry a prescrit l’arrêt immédiat des activités de l’usine et sa mise sous scellés. Cette mesure conservatoire vise à empêcher toute reprise de la production avant que les circonstances du sinistre soient clairement établies.
La fermeture du site doit également faciliter le travail des experts chargés de conduire des investigations approfondies. Il s’agit notamment de déterminer l’origine de l’explosion, les éventuelles défaillances techniques et les responsabilités liées à l’accident.
Dans son premier communiqué, Metafrique Steel S.A. avait évoqué un incident d’origine externe. L’instabilité de l’alimentation électrique a également été avancée comme une piste susceptible d’expliquer le sinistre. Toutefois, aucune conclusion définitive ne permet encore de retenir cette hypothèse comme cause officielle.
Le gouvernement annonce un recadrage des industriels
Les mesures prises ne concernent pas uniquement Metafrique Steel. À la suite de ce drame, les autorités envisagent de convoquer l’ensemble des opérateurs de la sidérurgie nationale dans les services du gouverneur de la région du Littoral.
Cette rencontre annoncée devra permettre de rappeler aux industriels leurs obligations en matière de sécurité des installations, de maintenance des équipements et de prévention des risques professionnels. L’objectif est de tirer les enseignements de cette tragédie afin de limiter la survenue d’accidents similaires dans les autres unités de production.
Cette démarche élargit ainsi la réponse gouvernementale à l’ensemble du secteur sidérurgique, au-delà du seul établissement touché par l’explosion.
À l’Hôpital général de Douala, le suivi des blessés et des familles
Après la réunion avec les responsables de l’entreprise, le ministre s’est rendu à l’Hôpital général de Douala pour apporter son soutien aux employés blessés. Deux d’entre eux restent sous assistance respiratoire, tandis que trois autres ont pu regagner leurs domiciles après leur prise en charge médicale.
Le bilan provisoire s’est alourdi à cinq morts, dont quatre Camerounais et un ressortissant indien. Ce bilan humain donne une dimension supplémentaire aux mesures engagées après le sinistre.
De son côté, la direction de Metafrique Steel affirme donner la priorité au suivi des blessés, à l’organisation des obsèques des employés décédés et à l’accompagnement de leurs familles. L’entreprise indique ainsi placer la gestion humaine de cette tragédie au premier plan, alors que ses activités restent suspendues.
L’arrêt de l’usine touche également près de 700 collaborateurs directs, selon les chiffres communiqués par l’Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux. Ces employés sont désormais confrontés aux conséquences professionnelles et sociales de la fermeture temporaire du site.
La tragédie de Metafrique Steel place désormais la sécurité industrielle au centre des préoccupations des autorités camerounaises. La fermeture de l’usine, les investigations techniques et la concertation annoncée avec les industriels constituent les premières réponses institutionnelles. Mais au-delà de ces décisions, les familles des cinq victimes restent confrontées aux conséquences humaines de l’accident, tandis que les blessés poursuivent leur prise en charge médicale. La reprise éventuelle des activités dépendra notamment des conclusions des investigations et des conditions de sécurité exigées par les autorités.

