Pour les familles des victimes, les heures qui suivent le drame sont celles de l’attente, de l’incertitude et de la douleur. À Métafrique Steel SA, l’incendie qui a ravagé une partie des installations a brutalement interrompu les activités de cette entreprise spécialisée dans la transformation de l’acier. Alors que les blessés sont pris en charge à l’Hôpital général de Douala, les proches cherchent encore à connaître le sort de leurs parents. Sur le site industriel, les autorités ont engagé les premières mesures conservatoires afin de permettre aux investigations de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Des familles plongées dans l’angoisse à l’Hôpital général de Douala
Au lendemain de l’incendie, l’Hôpital général de Douala accueille plusieurs victimes du sinistre. Dans les couloirs de l’établissement, des proches attendent des informations sur l’état de santé de leurs parents. Pour certains, l’absence de nouvelles depuis plusieurs heures rend l’épreuve encore plus difficile.
Thérèse fait partie de ces familles qui cherchent désespérément à savoir ce qu’il est advenu de leur proche. Son oncle, le frère cadet de sa mère, figure parmi les victimes de cet accident de travail.
Ça fait pas seulement 24 heures aujourd’hui. Depuis hier, on n’a pas de nouvelles. On demande que la situation, c’est comment. Ils disent juste qu’il est là. On va voir après,
témoigne-t-elle.
Une situation qui illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les proches des victimes, entre inquiétude et besoin d’informations précises.
Au service de réanimation, les équipes médicales sont mobilisées pour assurer la prise en charge des blessés les plus graves. La professeure Juliette Metogo, responsable du service de réanimation de l’Hôpital général de Douala, évoque les moyens déployés par l’établissement.
Nous sommes habitués à prendre en charge des patients graves et nous sommes en train d’essayer le tout pour le tout. Et tous les moyens sont déployés et disponibles à l’hôpital général de Douala pour que ces patients soient pris en charge.
L’hypothèse électrique au cœur des premières investigations
Sur le site de Métafrique Steel SA, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le professeur Fuh Calistus Gentry, s’est rendu ce 3 novembre 2026. Au cours de cette visite, il a notamment inspecté les installations électriques alimentant les unités de fonderie.
Selon les premières explications avancées par les responsables de l’entreprise, un retour brusque de l’énergie électrique serait à l’origine du sinistre. Cette hypothèse intervient dans un contexte marqué par l’évocation de l’explosion de deux transformateurs.
À l’issue de sa descente, le membre du gouvernement a ordonné la mise sous scellés de l’unité de fonderie. L’installation reste à l’arrêt afin de permettre les investigations nécessaires à l’établissement des circonstances de l’incendie.
Toutefois, l’origine exacte du sinistre reste à déterminer. Les conclusions des investigations techniques devront notamment permettre de comprendre les défaillances éventuelles des équipements et les conditions dans lesquelles l’accident s’est produit.
Patrice Yantho appelle à renforcer la prévention des accidents au travail
Au-delà de la recherche des causes immédiates de l’incendie, ce drame relance la question de la prévention des accidents dans les unités industrielles. Pour Patrice Yantho, Coordonnateur de l’Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (OCITRAM), les incidents de cette nature imposent une vigilance permanente.
Il y a eu explosion de deux transformateurs qui certainement pourraient être dues aux variations de l’énergie. Cette situation nécessite en permanence une vigilance, des efforts d’amélioration continue pour réduire le taux et la fréquence des accidents. Nous sommes très compatissants et fortement solidaires vis-à-vis des victimes,
déclare-t-il.
Cette réaction met en évidence l’importance du suivi des installations électriques, de la maintenance des équipements et du respect des normes de sécurité dans les espaces de production. Dans les industries métallurgiques, où les équipements fonctionnent sous de fortes contraintes techniques, la prévention des risques constitue un enjeu majeur pour la protection des travailleurs.
Pendant ce temps, les attentes restent fortes du côté des familles. Elles espèrent des informations sur leurs proches, mais également des mesures concrètes de la direction de Métafrique Steel SA en faveur des personnes touchées par le drame. Un collectif d’avocats s’est par ailleurs constitué pour défendre les intérêts de plusieurs victimes de l’incendie.
La tragédie de Métafrique Steel SA rappelle que la sécurité des travailleurs doit rester une exigence permanente dans le fonctionnement des entreprises industrielles. Au-delà des dispositifs de prévention, la surveillance des équipements, la maintenance des installations et la réaction face aux incidents techniques doivent faire l’objet d’une attention constante. Les enquêtes devront établir les responsabilités et déterminer si les mesures de sécurité étaient conformes aux exigences applicables. Pour les familles endeuillées, l’enjeu est désormais aussi celui de la reconnaissance des préjudices et de l’accompagnement des victimes. Car derrière chaque accident industriel, il y a des vies bouleversées et des proches qui doivent continuer à vivre avec ses conséquences.

