La mort d’un élève dans un accident de la circulation, suivie de la destruction de plusieurs infrastructures scolaires, a suscité une réaction ferme de la ministre des Enseignements secondaires. Jeudi 22 octobre, Pr Nalova Lyonga a présidé une réunion de crise au lycée technique bilingue de Nsam avec les responsables éducatifs, les autorités administratives et les forces de sécurité. Au cours de son intervention, elle a dénoncé les violences commises dans l’établissement et interpellé sur les comportements qui exposent les élèves aux accidents de la route.
« Nous sommes capables de brutalité, nous n’avons aucune valeur » : Nalova Lyonga condamne les violences
Face aux dégradations enregistrées au lycée technique bilingue de Nsam, la ministre a exprimé son indignation devant la réaction de certains élèves après la mort de leur camarade.
Toute personne qui se laisse emporter par l’émotion et dont le premier réflexe est d’aller détruire l’école où elle étudie fait preuve de brutalité. Nous n’avons aucune valeur
a déclaré Pr Nalova Lyonga.
Cette réaction fait suite aux violences du mercredi 21 octobre, qui ont touché plusieurs infrastructures, notamment les bureaux administratifs, le restaurant, les salles informatiques et les équipements numériques.
Selon les informations communiquées sur les événements, la colère des élèves serait partie d’une confusion entre l’apprenant décédé dans l’accident et un autre élève renvoyé quelques minutes plus tôt pour une coiffure jugée non conforme au règlement intérieur.
Transport à moto : la ministre interpelle sur les risques encourus par les élèves
La ministre a également insisté sur les circonstances de l’accident mortel impliquant trois élèves qui se trouvaient sur une même moto.
Comment peut-on avoir un enfant qui n’est pas conducteur de moto et qui transporte trois personnes sur un engin pour aller à l’école ? À qui la faute ?
s’est interrogée Pr Nalova Lyonga.
Le conducteur est décédé sur place, un passager a été grièvement blessé et le troisième est hors de danger, selon les informations communiquées après le drame.
La ministre a toutefois précisé qu’aucun parent, enseignant ou responsable ne souhaiterait volontairement exposer des enfants à un tel danger. Elle a plutôt dénoncé l’attrait de certains jeunes pour les engins rapides et les sensations qu’ils procurent.
Les jeunes d’aujourd’hui sont tellement attirés par ces engins rapides. Ils aiment la vitesse, les déplacements rapides et les sensations que cela leur procure, a-t-elle expliqué.
Ces propos mettent en avant les risques liés aux comportements routiers des jeunes et la nécessité de renforcer la sensibilisation à la sécurité sur les trajets scolaires.
Décès d’élèves dans les établissements techniques : Nalova Lyonga tire la sonnette d’alarme
Au cours de son intervention, Pr Nalova Lyonga a également évoqué un autre décès d’élève survenu la semaine précédente dans un établissement technique.
Cette fois, c’est le deuxième. La semaine dernière également, nous avons perdu un autre élève dans un autre établissement technique, a-t-elle déclaré.
En rappelant ce précédent, la ministre a élargi son intervention à la sécurité des apprenants dans les établissements techniques et sur leurs trajets. La répétition de ces drames soulève des préoccupations quant à la prévention des accidents et à la protection des élèves.
Lycée technique de Nsam : les autorités mobilisées pour établir les faits
À la suite des dégradations survenues mercredi, le sous-préfet de Yaoundé III, les Forces de maintien de l’ordre et les équipes du ministère des Enseignements secondaires sont intervenus pour rétablir le calme.
La visite de Nalova Lyonga, jeudi 22 octobre, a été marquée par une réunion de crise avec les responsables éducatifs, les autorités administratives et les forces de sécurité. Cette concertation vise à établir les faits et à faire la lumière sur les circonstances des violences.
Les événements du lycée technique bilingue de Nsam posent une question fondamentale sur le rôle de l’école dans la formation des citoyens. La transmission des connaissances suffit-elle lorsque le respect des règles, la maîtrise de la colère et la préservation des biens collectifs restent des défis ? La réponse interpelle autant les établissements scolaires que les familles et la société.

