Selon l’enquête, la prévalence nationale du VIH chez les personnes âgées de 15 ans et plus est désormais estimée à 2,7 %, contre 3,4 % lors de l’enquête CAMPHIA 2017-2018. Cette diminution témoigne des efforts déployés ces dernières années pour améliorer le dépistage, l’accès aux traitements antirétroviraux et les actions de prévention.
Le Cameroun compte ainsi environ 490 000 adultes vivant avec le VIH, dont une majorité de femmes. Les disparités selon le sexe restent importantes : 3,4 % des femmes sont séropositives contre 1,9 % des hommes, confirmant que les femmes continuent d’être les plus touchées par l’épidémie.
Les objectifs 95-95-95 presque atteints
L’étude révèle également des progrès remarquables vers les objectifs fixés par l’ONUSIDA.
Parmi les personnes vivant avec le VIH :
- 94 % connaissent leur statut sérologique ;
- 98 % des personnes diagnostiquées suivent un traitement antirétroviral ;
- 96 % des personnes sous traitement présentent une charge virale supprimée, ce qui réduit fortement le risque de transmission du virus.
Ces résultats signifient que le Cameroun est désormais très proche des objectifs internationaux dits « 95-95-95 », considérés comme essentiels pour contrôler durablement l’épidémie.
Les jeunes demeurent une population vulnérable
Malgré ces avancées, l’enquête souligne que les jeunes restent insuffisamment dépistés. Les personnes âgées de 15 à 24 ans affichent les niveaux les plus faibles de connaissance de leur statut sérologique.
Les auteurs de l’étude estiment que cette situation nécessite un renforcement des campagnes de sensibilisation, un meilleur accès au dépistage communautaire ainsi que des services de santé davantage adaptés aux jeunes.
Des disparités régionales persistent
L’épidémie n’affecte pas toutes les régions de la même manière. Certaines enregistrent encore des niveaux de prévalence supérieurs à la moyenne nationale, traduisant des réalités sociales, économiques et sanitaires différentes.
Les autorités sanitaires considèrent ces écarts comme un indicateur de la nécessité de renforcer les interventions ciblées dans les zones les plus affectées, tout en maintenant les efforts dans les régions où les progrès sont déjà visibles.
Consolider les acquis
Réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025 auprès des ménages sur l’ensemble du territoire national, l’enquête CAMPHIA 2024-2025 a été conduite sous l’égide du ministère de la Santé publique et de l’INS, avec l’appui technique de plusieurs partenaires internationaux. Ses résultats serviront de référence pour orienter les futures politiques de santé publique et renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge du VIH.
Au-delà des performances enregistrées, le rapport rappelle qu’un contrôle durable de l’épidémie passera par la réduction des inégalités d’accès aux soins, une meilleure protection des femmes et un accompagnement renforcé des jeunes, afin que les progrès observés profitent à l’ensemble de la population camerounaise.

