Selon le chef de l’État, la situation sociale difficile du Cameroun est liée à une création de richesses insuffisante, à une forte démographie, à un environnement international défavorable et à un mode de développement inadapté. Bien que le pays ne soit pas le plus mal loti du continent, Paul Biya a insisté sur la nécessité de déployer des solutions adaptées aux moyens du pays pour réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté. Le chômage, qualifié de « fléau social », demeure le problème le plus préoccupant. Pour y répondre, l’État a procédé à l’intégration de milliers de jeunes dans la fonction publique au cours des dernières années, en particulier dans l’armée, les services de sécurité, l’enseignement et le secteur de la santé. Le président a annoncé que le recrutement de 25 000 diplômés, déjà annoncé précédemment, est désormais effectif.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie de relance économique et de création d’emplois à travers les grands projets et la révolution agricole. Selon les projections officielles, ces initiatives devraient générer plusieurs dizaines de milliers d’opportunités d’emploi supplémentaires, à moyen terme, dans l’ensemble des secteurs productifs. Dans le domaine de l’éducation, Paul Biya a souligné la nécessité de professionnaliser le système éducatif. Cette réforme en cours vise à mieux adapter la formation aux besoins du marché du travail. L’État a également multiplié les établissements scolaires de tous niveaux et développé le réseau universitaire national. À terme, ces actions devraient améliorer l’employabilité de centaines de milliers de jeunes et produire des dividendes économiques durables.
L’accès aux soins de santé constitue un autre axe majeur de la politique sociale. Le président a annoncé l’ouverture de nouveaux centres de santé et l’équipement des formations hospitalières avec du matériel moderne. L’État prévoit l’extension de la gratuité ou de la réduction du coût des soins pour les maladies infantiles et les pandémies. Par ailleurs, un dispositif d’assurance maladie sera mis en place pour faciliter l’accès aux soins de plus d’un million de personnes vulnérables dans tout le pays. Les infrastructures de base, en particulier l’électricité et l’eau potable, font également partie des priorités. Paul Biya a indiqué que les projets énergétiques et le programme d’adduction d’eau en cours devraient améliorer sensiblement l’approvisionnement, touchant plus de cinq millions de Camerounais dans les zones urbaines et rurales et garantissant des conditions de vie et de santé acceptables.
10 000 logements sociaux
L’habitat reste une priorité stratégique. Le programme de construction de 10 000 logements sociaux sera réactivé avec le soutien du secteur privé et des partenaires nationaux et internationaux. Ces logements permettront d’offrir des conditions de vie décentes à des milliers de familles et de stimuler l’économie locale, avec la création estimée de plus de 15 000 emplois directs et indirects liés aux chantiers. Le programme s’inscrit dans une logique d’impact social mesurable, en visant la réduction de l’exclusion et l’amélioration de l’accès au logement pour les populations les plus fragiles.
À travers ce discours, Paul Biya a affiché une politique sociale structurée et mesurable, centrée sur l’emploi, l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité et le logement. Les actions annoncées combinent mesures immédiates et projets de long terme, avec un objectif clair : renforcer l’impact social des politiques publiques et améliorer durablement les conditions de vie des Camerounais. Le président a ainsi posé les jalons d’une approche sociale ambitieuse, conciliant développement économique et justice sociale, tout en offrant des perspectives concrètes à la jeunesse et aux familles les plus vulnérables.
