À travers ses agences GIZ et KfW, la coopération allemande déploie depuis plusieurs années un appui multisectoriel centré sur trois axes principaux : la création d’emplois temporaires rémunérés, la valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL) et le développement de la transformation du manioc. Ces projets, à la fois sociaux et économiques, visent à renforcer la résilience des communautés locales, tout en améliorant leurs conditions de vie.
Le programme « Cash for Work » est au cœur de cette stratégie. En 2024, près de 2 000 bénéficiaires, parmi lesquels 71 % de femmes et 12 % de personnes handicapées, ont été mobilisés dans les communes de Batouri, Kette, Kentzou et Ouli. Chacun a perçu une rémunération de 75 000 FCFA (environ 120 dollars) pour 37 jours de travail, injectant ainsi plus de 150 millions FCFA (245 000 dollars) dans l’économie locale.
Ce programme offre bien plus qu’un simple salaire. Pour de nombreuses femmes, il s’agit d’une occasion de reprendre le contrôle sur leur vie économique. Par ailleurs, les fonds issus de cette activité sont souvent réinvestis dans de petites entreprises locales, stimulant ainsi la dynamique économique des villages. Au-delà de l’aspect financier, ce travail temporaire apporte un sentiment de dignité et de reconnaissance sociale à des populations longtemps marginalisées. Il crée un cercle vertueux qui contribue à la cohésion sociale, facteur clé de stabilité dans cette région confrontée à plusieurs défis.
Produits forestiers non ligneux
La valorisation des produits forestiers non ligneux constitue un autre levier majeur. La région de l’Est, riche en biodiversité, offre une variété de ressources comme le moabi, le njansang, le miel ou encore les champignons. La coopération allemande soutient aujourd’hui 23 coopératives locales, qui ont bénéficié d’équipements modernes pour la transformation de ces produits, ainsi que de formations à la gestion et à la commercialisation. Cette professionnalisation permet d’augmenter les revenus des producteurs tout en assurant la durabilité de la filière.
Dans le cadre du Protocole de Nagoya, la coopération allemande veille également à ce que les communautés bénéficient équitablement des profits tirés de l’exploitation des ressources génétiques. Ce cadre légal renforce la protection de la biodiversité locale, tout en valorisant l’économie forestière.
Face à l’augmentation des besoins alimentaires dans les zones d’accueil, la transformation du manioc est devenue une priorité. À Garoua-Boulaï, un bac communautaire de fermentation a été construit avec le soutien conjoint de la coopération germano-camerounaise et de l’Union européenne. Ce dispositif permet à plusieurs groupements de femmes de valoriser leur production en améliorant la qualité et la conservation du manioc. Grâce à cette infrastructure, les revenus des ménages ont augmenté et la filière s’est structurée autour d’un savoir-faire local renforcé.
Dans toutes ces initiatives, les femmes jouent un rôle central. Mères, agricultrices, transformatrices ou commerçantes, elles sont souvent les garantes de la stabilité économique et sociale des foyers. En soutenant leur autonomisation, la coopération allemande mise sur un levier puissant pour lutter contre l’insécurité alimentaire et promouvoir des pratiques agricoles durables. Présente au Cameroun depuis 1959, la coopération allemande mène aujourd’hui plus de 60 projets dans tout le pays. À l’Est, cette action s’intègre dans une vision globale : une gouvernance inclusive, un développement rural équitable et une meilleure résilience face aux crises.
Avec l’appui du ministère fédéral allemand de la Coopération économique (BMZ), la GIZ, la KfW et la BGR mobilisent plus de 500 experts et partenaires locaux autour de ces objectifs. Le modèle germano-camerounais montre qu’un soutien bien ciblé peut faire basculer des populations entières vers une autonomie économique durable.À l’Est, les femmes et les jeunes bénéficiaires de ces initiatives sont aujourd’hui les premiers témoins d’une transformation profonde.
