Un glissement de terrain a frappé le Soudan dimanche 31 août 2025. Le drame a eu lieu au village de Tarasin, situé dans la région montagneuse du Jebel Marra, à la frontière entre le Darfour Central et le Darfour Nord. Cinq jours après la catastrophe, le bilan humain reste difficile à établir. Les autorités locales et les groupes armés présents sur place évoquent un chiffre provisoire de plus de 1 000 morts, faisant de cette tragédie l’une des plus meurtrières de l’histoire récente du Soudan.
Cette tragédie s’est produite dans une zone particulièrement isolée, dépourvue de routes goudronnées et difficilement accessible en saison des pluies. Les secouristes, confrontés à des conditions extrêmes, peinent à atteindre certaines zones ensevelies. Selon le Mouvement Armée de libération du Soudan, qui contrôle la localité, plus de 370 corps ont été extraits des décombres, mais le nombre de victimes pourrait dépasser le millier. Un seul survivant aurait été retrouvé. Ce glissement de terrain a emporté des maisons, cultures et bétail, transformant le village en un champ de boue. Le site de Jebel Marra, classé patrimoine mondial pour son climat tempéré et ses précipitations abondantes, est désormais le théâtre d’un désastre humanitaire.
Le message du Vatican
Face à cette tragédie, le Pape Léon XIV a exprimé sa profonde douleur. Dans un télégramme signé par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, et adressé à Mgr Yunan Tombe Trille Kuku Andali, évêque d’El Obeid, le souverain pontife se dit « profondément attristé » par la dévastation. Il assure « sa proximité spirituelle à toutes les personnes touchées » et prie « pour le repos éternel des morts, pour ceux qui pleurent leur perte et pour le sauvetage des nombreuses personnes encore portées disparues ». Son message, rendu public le mardi 2 septembre 2025, appelle également les autorités civiles et les équipes de secours à poursuivre leurs efforts.
Une crise dans la crise
Le drame de ce glissement de terrain survient dans un contexte de guerre civile qui ravage le Soudan depuis avril 2023, opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le conflit a déjà fait plus de 40 000 morts et provoqué le déplacement de 14 millions de personnes d’après l’ONU.
La famine touche plusieurs régions du Darfour, aggravant une situation humanitaire déjà critique. En rappel, les fortes précipitations avaient déjà provoqué l’effondrement d’un barrage dans la province de la mer Rouge en 2024 et cela avait causé la mort de 30 personnes. Le glissement de terrain de Tarasin s’ajoute à une série de catastrophes naturelles qui frappent un pays à bout de souffle.
Des appels à l’aide
Le gouverneur pro-armée du Darfour, Minni Minnawi, a qualifié l’événement de « tragédie » et exhorté les organisations humanitaires internationales à intervenir d’urgence. Le Mouvement de libération du Soudan tente de mobiliser des ressources, tandis que les appels à la solidarité se multiplient.
L’ONU, qui peine à évaluer l’ampleur exacte de la catastrophe, rappelle que plus de 30 millions de personnes au Soudan ont désormais besoin d’aide humanitaire. Dans les montagnes du Jebel Marra, la boue a enseveli non seulement un village, mais aussi l’espoir d’un peuple déjà meurtri.
