La reprise des activités de Metafrique Steel S.A. n’est plus à l’ordre du jour. Après sa descente sur le site industriel de Bassa, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a prononcé la fermeture totale de l’usine. Une décision qui intervient après un accident ayant provoqué de graves brûlures chez vingt personnes. Désormais, l’entreprise devra satisfaire à plusieurs exigences techniques avant d’espérer reprendre sa production. Pour les spécialistes de la sécurité industrielle, cette fermeture pose également la question du respect des procédures de prévention des risques dans les unités de production.
Fermeture totale : le gouvernement conditionne toute reprise aux exigences de sécurité
La décision gouvernementale est sans ambiguïté : Metafrique Steel S.A. ne peut plus fonctionner dans son état actuel. À la suite de sa descente sur les lieux, le ministre Pr Fuh Calistus Gentry a ordonné la fermeture totale de l’établissement. Cette mesure va au-delà d’une simple suspension temporaire des activités. Une éventuelle réouverture dépendra de la mise en conformité de l’installation avec les exigences techniques et réglementaires applicables.
Le ministre a notamment rappelé que l’exploitation d’une unité industrielle est soumise à des autorisations et à un cahier des charges précis.
Avant d’autoriser un projet industriel, il y a un cahier des charges élaboré, que ce soit le prix, que ce soit le coût de travail. Il y a l’autorisation d’implantation. Après, il y a l’autorisation d’exploitation. Entre ces deux autorisations, nous assurons que toutes les mesures techniques sont respectées,
a expliqué Pr Fuh Calistus Gentry.
Ces exigences constituent désormais un préalable à toute reprise de la production chez Metafrique Steel. L’entreprise devra notamment satisfaire aux prescriptions techniques et sécuritaires avant d’obtenir une éventuelle autorisation de fonctionnement.
Étude de danger et modélisation des risques : les conditions techniques expliquées par un expert
Au-delà de la décision administrative, la question de la sécurité des installations industrielles se pose avec insistance. Pour le Dr Pierre Moeleu, expert en sécurité industrielle, une entreprise spécialisée dans la métallurgie ou la sidérurgie doit préalablement réaliser une étude de danger afin d’identifier les risques liés à son fonctionnement.
Un spécialiste dans la métallurgie ou même plus spécifiquement la sidérurgie devrait, avant de fonctionner, avoir réalisé une étude de danger. Ladite étude va avoir des éléments qui permettront de connaître exactement quels sont les dangers possibles dans ladite entreprise et quels sont les différents scénarios possibles d’accident,
explique-t-il.
Cette démarche permet d’anticiper les incidents susceptibles de survenir dans une unité industrielle et de définir les dispositions nécessaires pour y faire face. L’expert insiste également sur la modélisation des risques, qui permet d’étudier différents scénarios d’accident et de prévoir les réponses adaptées.
Il poursuit :
Procéder dans une sorte de modélisation pour pouvoir définir l’ensemble des mesures à prendre pour pouvoir y faire face et tout cela avant, dans un seul plan de prévention qui va plus tard être mis à la disposition de celui qui s’occupera de la sécurité.
L’étude de danger, la modélisation des risques et le plan de prévention apparaissent ainsi comme des outils essentiels dans la gestion de la sécurité industrielle. Leur mise en œuvre doit permettre de mieux protéger les employés et de limiter les conséquences d’éventuels accidents.
Vingt personnes brûlées, cinq décès et sept blessés dans un état critique
Derrière les décisions administratives et les exigences techniques, le bilan humain reste particulièrement lourd. Les deux explosions survenues dans les installations de Metafrique Steel ont fait vingt victimes brûlées. Cinq d’entre elles ont déjà succombé à leurs blessures. Parmi les quinze personnes restantes, sept sont toujours dans un état critique.
La situation des blessés et l’accompagnement des familles des personnes décédées restent donc des préoccupations majeures. Alors que les investigations doivent permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes du sinistre, les conséquences humaines de cet accident continuent de se faire sentir.
La fermeture totale de Metafrique Steel S.A. marque un tournant dans la gestion de cette tragédie industrielle. Au-delà de l’arrêt de la production, la décision du gouvernement impose désormais des exigences techniques avant toute éventuelle reprise. Mais pour les victimes et leurs familles, les conséquences de l’accident sont déjà irréversibles. Les conclusions des investigations devront permettre d’établir les circonstances du drame et de déterminer les mesures nécessaires pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise.

