Dans une lettre ouverte publiée le 8 mai 2025, Bill Gates a révélé son intention de consacrer la quasi-totalité de sa fortune restante, estimée à plus de 200 milliards de dollars, à des causes philanthropiques sur les vingt prochaines années. « Ma fortune va diminuer de 99 % sur les 20 prochaines années », écrivait-il, soulignant les priorités clés de la fondation : la lutte contre la pauvreté, la mortalité infantile, les maladies infectieuses et l’accès à l’éducation.
Le programme financé par cette enveloppe de 2,5 milliards de dollars couvre une quarantaine de projets innovants qui visent à renforcer les politiques publiques de santé en Afrique tout en réduisant leurs coûts. Les interventions prioritaires ciblent notamment les soins obstétricaux, la santé gynécologique, la prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles, la lutte contre la pré-éclampsie, ainsi que le développement de méthodes contraceptives non hormonales.
L’enjeu principal est la réduction significative de la mortalité maternelle et infantile, particulièrement élevée sur le continent africain. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’Afrique subsaharienne concentre près de 70 % des décès maternels mondiaux, souvent liés à un accès insuffisant aux soins de qualité. Ce programme se donne également pour objectif d’éradiquer certaines maladies infectieuses qui impactent lourdement la santé des femmes et des enfants.
Au-delà des effets sanitaires, l’investissement entend contribuer à la sortie durable de millions de personnes de la pauvreté, grâce à l’amélioration des conditions de santé, facteur clé du développement économique et social. Avec ce seul programme, la Fondation Gates mobilise plus de 5 % de l’aide publique au développement mondiale annuelle consacrée à la santé. Bill Gates a également appelé d’autres milliardaires à suivre cet exemple en augmentant leurs dons, afin de renforcer l’impact collectif sur les populations vulnérables.
Un acteur central dans la santé mondiale depuis deux décennies
Depuis sa création en 2000, la Fondation Bill & Melinda Gates a engagé plus de 100 milliards de dollars dans des initiatives de santé globale. Elle est un bailleur majeur de plusieurs institutions internationales, telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Partenariat mondial pour l’éradication de la poliomyélite et l’Alliance du vaccin GAVI. Ces investissements ont permis de vacciner et soigner des millions d’enfants dans les pays en développement, réduisant la mortalité infantile et combattant des maladies auparavant incurables dans ces régions.
Cette nouvelle étape reflète une volonté de concentrer les efforts sur la santé des femmes, un domaine longtemps sous-financé mais essentiel pour accélérer les progrès sanitaires et sociaux. Bill Gates a profité de ses récentes déclarations pour dénoncer les reculs observés dans l’aide internationale, notamment aux États-Unis sous l’administration précédente. Il a critiqué les réductions budgétaires imposées à l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et les conséquences néfastes sur les populations les plus vulnérables, en particulier les enfants.
Dans un contexte mondial marqué par des tensions, ces critiques rappellent la fragilité des systèmes d’aide et la nécessité d’un engagement renouvelé des acteurs privés et publics.
