La conférence « Briser le cyber-silence : Protéger, Éduquer et Autonomiser les femmes et les filles dans l’ère numérique » s’est tenue hier à l’ICT University. Chercheurs, institutions publiques, ONG et acteurs du numérique y ont souligné un enjeu crucial : la cyberviolence comme frein au développement du capital humain au Cameroun.
Le numérique, moteur d’opportunités mais terrain à sécuriser
Dès l’ouverture, les organisateurs ont rappelé que le digital est désormais un pilier de la croissance nationale.
Miss Cameroun 2024, Noura Njikam, a insisté : si le numérique crée des opportunités pour les jeunes filles, il les expose aussi à des violences qui limitent leur créativité, leur apprentissage et leur participation à la transformation digitale du pays.
Cybersécurité : un investissement pour l’éducation et l’économie
Les discussions ont montré que protéger les filles en ligne, c’est renforcer leur chance de réussir leurs études et de s’insérer dans l’économie numérique.
RENATA, représenté par Charnelle Lumière Cayue Chezeu, a expliqué que la cyberviolence entraîne décrochage, anxiété et isolement — autant d’obstacles qui réduisent la productivité future des jeunes filles.
Un témoignage qui a marqué les participants
Une mère d’un enfant trisomique a partagé son expérience, révélant l’impact émotionnel et social de la cyberviolence sur les familles. Ce récit a rappelé que le cyber-harcèlement touche tout l’écosystème familial, fragilisant la cohésion communautaire.
Former les filles : un levier pour l’employabilité
Pour Gaiël Blériot Azambou (AZ Corporation), la maîtrise des données personnelles est la première protection.
Former les jeunes filles à gérer leurs identités numériques constitue un investissement stratégique dans leur employabilité et leur participation aux métiers porteurs du digital.
Éduquer les garçons pour réduire les violences à la source
L’économiste de la santé Dr Albert Ze a insisté sur l’importance de sensibiliser les garçons aux valeurs de respect et de citoyenneté numérique.
Selon lui, la prévention commence par une éducation équilibrée, socle d’un capital humain sain et productif.
Comprendre le cyber-silence pour mieux intervenir
Le psychologue Tanéyo Ndé Kenneth a décrit les effets du cyber-silence : stress, perte de confiance, retrait social. Des conséquences qui affaiblissent le potentiel académique et économique des jeunes filles si rien n’est fait.
L’État réaffirme son engagement pour une société numérique inclusive
Représentant le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, un responsable a souligné que la protection numérique des femmes est une priorité nationale.
Pour le gouvernement, défendre les filles en ligne, c’est protéger la capacité productive du pays.
protéger les filles pour bâtir un Cameroun plus compétitif
La conférence a rappelé que la lutte contre la cyberviolence, la formation des jeunes et la sécurisation du numérique sont autant d’investissements essentiels pour :
- renforcer le capital humain,
- stimuler l’innovation,
- réduire les inégalités,
- soutenir la résilience sociale,
- accompagner l’émergence économique du Cameroun.
Investir dans la sécurité numérique des filles, c’est préparer l’avenir du pays.
