Depuis près de vingt ans, des habitants du quartier situé derrière l’École normale, dans le 1er arrondissement de Libreville, vivent une situation devenue presque ordinaire : l’absence d’un accès régulier à l’eau potable. Dans cette zone pourtant située au cœur de la capitale gabonaise, les familles dépendent encore de puits artisanaux pour répondre à leurs besoins quotidiens. Une réalité qui met en lumière les difficultés persistantes d’accès aux services essentiels malgré les transformations urbaines engagées dans la ville.
Une pénurie devenue le quotidien de plusieurs générations
Dans ce quartier du 1er arrondissement de Libreville, l’eau potable est une ressource qui manque depuis 19 ans. Chaque journée débute par une même course contre la montre : remplir quelques bidons pour boire, cuisiner, se laver ou faire le ménage. Faute d’un réseau d’approvisionnement fonctionnel, les habitants n’ont d’autre choix que de se tourner vers des puits artisanaux.
Au fil des années, cette situation exceptionnelle est devenue une habitude. Les enfants grandissent en voyant leurs parents parcourir les ruelles avec des bassines, tandis que les plus âgés continuent de porter le poids d’une corvée qui ne devrait plus exister en plein cœur de la capitale gabonaise.
Quand accéder à l’eau devient un risque pour la santé
L’eau puisée dans ces puits n’est soumise à aucun traitement. Pourtant, elle est utilisée pour tous les besoins du quotidien. Femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants figurent parmi les premiers exposés aux risques sanitaires liés à une eau de qualité incertaine.
Malgré les inquiétudes, les familles n’ont pas d’alternative. Entre la peur de tomber malade et la nécessité de satisfaire un besoin vital, elles vivent avec une précarité qui fragilise leur santé et leur qualité de vie.
Le contraste saisissant entre modernisation et oubli
À quelques mètres seulement de ces habitations, le paysage urbain change. Le nouveau Palais de la démocratie, récemment inauguré, symbolise les ambitions de modernisation du Gabon. Mais pour les riverains, cette transformation semble s’arrêter aux portes de leur quartier.
Ce contraste nourrit un profond sentiment d’injustice. Les habitants observent les nouveaux bâtiments s’élever, tandis que leur principale préoccupation reste de trouver quelques litres d’eau pour passer la journée.
Au-delà des chiffres et des infrastructures, cette situation rappelle que le développement se mesure aussi à l’accès aux services essentiels. Après 19 années de pénurie, les habitants de ce quartier de Libreville continuent d’espérer qu’une solution durable viendra mettre fin à une crise qui affecte leur dignité, leur santé et leur avenir. Pour eux, l’arrivée de l’eau potable représenterait bien plus qu’un simple service : elle marquerait enfin la fin d’une longue attente.

