Le choléra progresse et l’inquiétude grandit dans l’Extrême-Nord. En l’espace de quelques jours, le nombre de cas signalés est passé de 585 à un peu plus de 800, tandis que le bilan des décès s’est alourdi. Cette progression rapide rappelle la dangerosité d’une maladie qui peut emporter une personne en quelques heures lorsqu’elle n’est pas prise en charge à temps.
Une épidémie qui s’accélère
Au 28 juillet, un peu plus de 800 cas de choléra ont été notifiés dans huit districts de santé de l’Extrême-Nord, avec 25 décès, selon le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda. La létalité atteint environ 3 %, un niveau proche du triple du seuil considéré comme acceptable par l’Organisation mondiale de la Santé.
La situation s’est considérablement dégradée en quelques jours. Six jours auparavant, l’Unicef faisait état de 585 cas et 19 décès. En une semaine, le nombre de personnes touchées a donc augmenté de plus de 36 %. Une évolution qui traduit la vitesse avec laquelle la maladie se propage et qui fait craindre une aggravation de la situation si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Des vies humaines derrière les statistiques
Derrière chaque cas se trouve une personne. Derrière chaque décès, une famille qui doit désormais vivre avec une absence.
Dans les zones touchées, la peur gagne progressivement les populations. Le choléra, maladie liée notamment à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés et favorisée par des conditions d’hygiène et d’assainissement insuffisantes, frappe particulièrement les communautés les plus vulnérables.
La situation est d’autant plus préoccupante dans le camp de réfugiés de Minawao, où au moins 24 cas ont déjà été signalés. Dans cet environnement où les conditions de vie peuvent être difficiles et où la concentration de populations augmente les risques de transmission, chaque nouveau cas constitue un signal d’alerte.
Le gouvernement prépare la riposte
Face à cette flambée, les autorités camerounaises préparent une campagne de vaccination dans les zones les plus affectées. Pour l’heure, aucune date précise n’a été annoncée et les districts qui seront prioritaires n’ont pas encore été officiellement précisés.
Cette riposte est particulièrement attendue par les populations exposées. Car dans cette course contre le choléra, chaque jour compte. La prévention, l’accès à l’eau potable, l’hygiène, l’assainissement et la prise en charge rapide des malades constituent des remparts essentiels pour empêcher l’épidémie de continuer à faire des victimes.
Dans l’Extrême-Nord, le choléra ne se résume plus à une succession de chiffres. Ce sont des vies qui basculent, des familles qui pleurent et des communautés qui vivent dans l’incertitude. Avec plus de 800 cas et 25 décès déjà enregistrés, l’urgence est réelle. Alors que la campagne de vaccination se prépare, l’enjeu est désormais de contenir rapidement la maladie pour éviter que le bilan humain ne s’alourdisse davantage. Car derrière chaque chiffre se trouve une vie, et derrière chaque vie, une famille.

