Cela dure déjà plusieurs semaines que les ventes ne sont plus rentables, les commerçantes de Ndokoti n’en peuvent plus de cette situation. Les vendeuses se plaignent de la saison pluvieuse qui n’est pas favorable à la liquidation des produits. Marie louise qui vend l’okok à l’intérieur du marché s’exclame
on nous disait auparavant que c’est pendant la saison pluvieuse que les gens mangent beaucoup. Aujourd’hui, on constate autre chose, même un paquet d’okok ne finit pas en une seule journée. N’en parlons plus du manioc alors !
Le grand carrefour Ndokoti abrite un vaste marché de vivres frais, produits comestibles, produits textiles et bien d’autres. De nombreux commerçants se plaignent également de l’état des routes qui est catastrophique. Les motos se retrouvent sur le trottoir empêchant parfois le passage des piétons. Sur la voie qui mène au marché Ndokoti venant du marché Syncatex, c’est un véritable parcours du combattant. Furieuse, Anne une vendeuse de légumes frais s’insurge à ce propos
voici une moto qui vient d’écraser mes gombos et mon piment. C’est chacun qui est pressé pour passer. Ces motos fuient la route principale pour venir nous chasser avec notre marchandise. Même les tricycles passent ici.
Pour remédier à ce climat de déclin financier, des astuces sont mises en place, certains vendeurs du marché ont multiplié le temps passé à la recherche de la clientèle par jour. C’est le cas du jeune José, tenancier d’une quincaillerie :
Je ferme vers 21h maintenant, avant 17h ne me trouvait plus au marché. Les temps-ci, on ne connait pas le caillou qui tue l’oiseau
Pour les parents c’est un gros fardeau à porter, Flore qui est propriétaire d’un atelier de soudage situé en bordure de route, s’est vue au feu en train de braiser le maïs avec des prunes. Sa principale activité n’étant plus une source de revenus fiable durant cette saison. Le visage serré, les bras en mouvement, elle active son feu pour mieux braiser son maïs en grondant
Si on pouvait arranger ma devanture, je serais retournée dans ma boutique. Le feu rend tellement malade mais je suis obligée et il faut que mes enfants aillent à l’école. On vend d’ailleurs ensemble
De l’autre côté, la saison pluvieuse est une belle opportunité de se faire le chiffre, les commerciaux ambulants du célèbre ‘‘baume François’’ s’emparent de la clientèle.
En rappel, des travaux d’aménagement sur la route Ndokoti avaient été lancé il y’a quelques semaines mais, il n’y avait pas eu de suite favorable. Pour le moment, ce sont les passagers et les transporteurs qui se partagent le trottoir comme une nouvelle forme de chaussée.
