L’initiative, parrainée par la Première Dame Chantal Biya, est coordonnée par le ministère de la Santé publique et promue par le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative. Elle s’inscrit dans le prolongement des actions menées autour de la course cycliste internationale VTT Chantal Biya et prend une dimension sanitaire accrue. Selon les organisateurs, 38 sites ont été retenus pour accueillir les activités médicales, dont un hôpital de référence, un hôpital régional, 15 hôpitaux de district et 23 centres médicaux d’arrondissement.
Les prestations proposées comprennent les consultations générales et spécialisées, les dépistages, les vaccinations, la prise en charge prénatale et les interventions chirurgicales prioritaires comme les opérations de cataracte, les soins dentaires et l’ablation de lipomes. Une attention particulière est portée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. Des séances de sensibilisation sur la nutrition et l’adoption de bonnes pratiques alimentaires sont prévues.
Les organisateurs annoncent une mobilisation de près de 1 500 professionnels de santé, parmi lesquels médecins, infirmiers, statisticiens, agents administratifs et agents de santé communautaires. La région de l’Est, qui compte environ 1,7 million d’habitants, dispose de 15 districts de santé et 318 formations sanitaires dont 212 publiques, 54 privées laïques et 52 privées confessionnelles. Malgré ce réseau, l’accès aux soins reste difficile avec une distance moyenne estimée à 100 kilomètres pour rejoindre une structure médicale. Les autorités soulignent que la campagne contribuera à rapprocher les services de santé des zones les plus éloignées.
Un contexte sanitaire marqué par des inégalités d’accès
Sur le plan sanitaire, la région est confrontée à la fois aux maladies infectieuses et aux maladies non transmissibles, dans un contexte de changement climatique. La campagne vise à répondre à ces défis en combinant traitement, prévention et sensibilisation. Les agents de santé communautaires jouent un rôle central dans la mobilisation des populations et la gestion des patients sur les différents sites.
À l’occasion du lancement, le promoteur de l’initiative a exprimé sa reconnaissance à la Première Dame pour la mise à disposition des structures partenaires telles que le Centre International de Recherche et de Biologie, la Fondation Chantal Biya et Synergies Africaines. Le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a réaffirmé que cette opération s’inscrit dans les efforts visant à renforcer la Couverture Santé Universelle et à humaniser davantage les soins.
En marge des activités médicales, l’hôpital régional annexe de Garoua-Boulaï a reçu un important lot de matériel médical et biomédical. Ce don permettra d’améliorer les capacités de prise en charge dans la durée. Les autorités locales, chefs traditionnels et leaders communautaires ont salué cette opération qui allie soins gratuits et éducation sanitaire. La campagne « Ossoko Akiba » doit se poursuivre dans l’ensemble des arrondissements de la région de l’Est. Un bilan chiffré sera établi à son terme pour mesurer l’impact sur la santé publique et orienter de futures interventions dans les zones où l’accès aux soins reste limité.
