L’affaire Sino Mart continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique camerounaise. À l’origine, une vidéo devenue virale montrant un jeune employé frappé sur son lieu de travail. Alors que les images ont provoqué une vague d’indignation, un ancien employé de l’entreprise, contacté par nos soins, revient sur des faits qu’il affirme avoir vécus de l’intérieur.
Dans son témoignage, recueilli sous anonymat, l’ancien employé explique avoir débuté comme magasinier avant d’être affecté comme chauffeur de l’entreprise.
J’ai commencé au magasin avant qu’on me retire pour me mettre chauffeur. Je voyageais un peu partout avec l’entreprise. Mais j’attendais qu’on améliore mon salaire et ma situation, ce qui n’a pas été fait
, raconte-t-il.
Le témoin revient ensuite sur les faits liés à la vidéo devenue virale. Selon lui, l’incident remonterait à plusieurs semaines avant la diffusion des images sur les réseaux sociaux.
Il explique qu’un employé était parti effectuer une livraison chez un client. Comme à l’habitude, un contrôle aurait été effectué .
À la sortie, les Chinois contrôlent souvent les cartons pour vérifier les produits et les codes-barres. En vérifiant un carton, ils ont découvert des objets à l’intérieur
, affirme-t-il.
Le témoin raconte qu’après cette découverte, les responsables de l’entreprise auraient consulté certains collaborateurs et pris une décision en interne.
Ils ont demandé au militaire de partir avec lui dans la chambre où il dort. Après discussion avec les traducteurs, ils ont décidé de lui donner quelques coups de fouet
, explique-t-il.
Interrogé sur le caractère isolé ou non de ces pratiques, l’ancien employé affirme que d’autres cas auraient également été signalés au sein de l’entreprise. Il évoque notamment le cas d’un autre employé qui aurait lui aussi subi des violences après avoir été accusé d’un manquement.
Depuis la diffusion de la vidéo, l’entreprise concernée reste fermée et sous surveillance sécuritaire.
Cette affaire relance les débats sur les conditions de travail et le respect des droits des employés dans certaines entreprises privées au Cameroun.
Elle intervient dans un contexte où le pays a réaffirmé ses engagements en faveur du travail décent à travers des accords signés avec l’Organisation internationale du travail.
Une enquête est désormais attendue afin d’établir les responsabilités et faire toute la lumière sur cette affaire.
