Le Conseil des ministres a adopté deux décrets portant sur l’organisation du temps de travail dans les secteurs public et privé. Le premier texte clarifie les horaires applicables dans l’administration publique, sans les modifier. Les agents continueront de travailler du lundi au jeudi de 7 h 30 à 12 h 30, puis de 13 h à 16 h, tandis que le vendredi, les horaires restent fixés de 7 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30.
Le second décret précise les conditions d’application de la journée de travail continu, désormais clairement applicable aussi bien au secteur public qu’au secteur privé lorsque les circonstances l’exigent. Durant cette période exceptionnelle, les journées de travail s’étendront de 7 h 30 à 14 h. Selon les autorités, cette révision des textes de 2015 et 2017 vise à lever les ambiguïtés qui compliquaient jusqu’ici l’application de cette organisation du travail.
Une nouvelle vision de l’action humanitaire
Le gouvernement a également adopté un décret réorganisant les interventions humanitaires sur l’ensemble du territoire. Désormais, toute organisation souhaitant intervenir dans le domaine humanitaire devra obtenir une accréditation officielle. Cette mesure permettra à l’État de mieux coordonner les interventions, d’assurer une répartition plus équilibrée des acteurs sur le territoire et d’améliorer le suivi des actions menées auprès des populations vulnérables. La réforme introduit également plusieurs innovations majeures. Les organisations devront consacrer au moins 60 % de leurs financements aux actions favorisant le relèvement précoce et l’autonomisation des bénéficiaires, afin de réduire leur dépendance à l’assistance.
Le décret encourage par ailleurs la consommation des produits locaux dans les achats destinés aux actions humanitaires, une mesure qui devrait également soutenir les producteurs nationaux et stimuler l’économie locale. Autre disposition importante : il est désormais interdit d’utiliser l’image des personnes vulnérables aux côtés des dons reçus dans les campagnes de communication. À travers cette mesure, les autorités entendent préserver la dignité des bénéficiaires et promouvoir une assistance fondée sur le respect des droits humains.
Une réforme à vocation sociale
À travers ces nouvelles dispositions, le gouvernement burkinabè affirme sa volonté de moderniser l’administration tout en repensant l’action humanitaire. L’objectif affiché est double : offrir un cadre réglementaire plus clair aux administrations et aux organisations humanitaires, tout en favorisant une prise en charge qui mise davantage sur l’autonomie des populations que sur une assistance prolongée.
