Des pluies diluviennes s’abattent sans relâche sur la capitale régionale de l’Adamaoua, provoquant de graves inondations. La ville de Ngaoundéré et d’autres communes sont directement touchées. D’après la presse locale, le dernier bilan des lieux fait état de quatre morts, plusieurs blessés et des dizaines de familles sinistrées, contraintes de quitter leurs habitations, réduites à l’état de ruines.
Dans plusieurs quartiers, les routes sont devenues impraticables, les écoles et les marchés ont fermé, et l’accès à certaines zones est désormais impossible sans assistance. « L’ampleur des dégâts met en évidence un mode de construction non structuré dans certaines zones », rapporte la télévision nationale.
Ce phénomène n’est pas nouveau dans la capitale régionale de l’Adamaoua car à chaque saison pluvieuse, les populations font toujours face à ce calvaire. Le préfet de la Vina, Valerie Norbert Kuela s’exprime à ce sujet : « Les gens viennent construire dans les marécages, dans les flancs des montagnes a côté des lacs (…) et ça crée des morts, nous avons pris des arrêtés préfectoraux pour interdire les constructions dans les zones marécageuses, les flancs de montagne ».
Face à la gravité récurrente des inondations dans l’Adamaoua et au Cameroun en général , les Nations Unies ont souvent souligné l’urgence de mettre en œuvre des mesures concrètes d’adaptation climatique et de gestion des risques dans les zones à forte vulnérabilité. En rappel, les projections du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) sont nombreuses. Elles suggèrent entre autres :
- Le Renforcement des systèmes d’alerte précoce : pour un déploiement de dispositifs communautaires afin d’avertir rapidement les populations en cas de fortes précipitations.
- Les Infrastructures durables : c’est-à-dire attribuer la priorité à l’aménagement de drains pluviaux, bassins de rétention, et voiries adaptées aux épisodes climatiques extrêmes.
- La Relocalisation planifiée des zones à risques : il faut des plans d’urbanisme responsables et participatifs qui bannissent la construction dans les marécages et zones inondables.
- La Formation locale et l’éducation climatique : l’UNICEF insiste sur l’intégration des notions de résilience dans les écoles et la mobilisation des jeunes pour des actions citoyennes.
- Enfin, l’appui humanitaire ciblé : l’ONU recommande une réponse multisectorielle rapide, hébergement d’urgence, soins médicaux, eau potable et toute aide nécessaire suite à un pareil évènement. Les autorités se doivent de réagir face à cette situation devenue criarde, pour la sécurité des habitants.
