Les flammes ont commencé à se propager alors que la ville dormait encore. Malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, le feu a persisté pendant près de trois heures, ne s’éteignant qu’aux environs de 6 heures du matin. Les dégâts sont considérables : des étals entiers de produits alimentaires, cosmétiques, vêtements de friperie et équipements industriels ont été totalement consumés. Aucun bien n’a pu être sauvé ou recyclé. Christine, vendeuse de pagnes, est l’une des nombreuses victimes. Encore sous le choc, elle raconte :
On nous a appelés à 3h parce qu’il y avait déjà le feu. À notre arrivée, nous avons trouvé les sapeurs-pompiers sur place, mais tout était déjà en train de brûler.
Les larmes aux yeux, elle confie avoir perdu toute sa marchandise ainsi que ses machines industrielles, représentant plusieurs années d’investissement.
Des pertes humaines et économiques
Mama Nadège, esthéticienne, venait tout juste d’acquérir du matériel neuf pour lancer son activité. En une matinée, elle a tout perdu. Comme elle, des dizaines de commerçants se retrouvent sans ressources, sans assurance, et sans perspectives immédiates de relance. Le marché, qui constitue un poumon économique pour le quartier, est désormais à l’arrêt. L’absence remarquée des autorités locales sur le terrain a suscité l’indignation des populations. Face à l’ampleur du désastre, beaucoup dénoncent le manque de suivi et de régulation dans les marchés urbains. « On ne peut pas continuer à gérer nos espaces commerciaux dans une telle anarchie », lance un commerçant en colère. Malgré les dégâts matériels, aucune perte en vie humaine n’a été signalée.
Les causes : une négligence persistante
Selon plusieurs témoins, l’origine de l’incendie serait liée à des installations électriques défectueuses dans certaines boutiques. Ce problème, récurrent dans les marchés camerounais, n’a jamais été véritablement pris en charge par les autorités compétentes. Le dernier incendie enregistré dans ce marché remontait à 2023, mais aucune mesure préventive durable n’avait été mise en œuvre depuis.
Le marché de Bonamoussadi, pourtant stratégique pour l’approvisionnement de nombreux quartiers de Douala, souffre d’un manque criant d’infrastructures sécurisées. L’absence d’extincteurs, de plans d’évacuation, et de sensibilisation des commerçants aux risques d’incendie rendent ces espaces vulnérables à des catastrophes évitables.
Un appel à l’action
Ce nouveau drame interpelle les autorités municipales et les citoyens sur l’urgence de repenser la gestion des marchés locaux. Il est impératif de mettre en place des normes électriques strictes et contrôlées. Aussi, il est important de former les vendeurs à la prévention des risques. Au-delà des pertes matérielles, c’est tout un tissu social et économique qui est fragilisé. Les commerçants, souvent chefs de famille, se retrouvent sans revenus du jour au lendemain. A la suite de cet incident, une enquête a été ouverte pour découvrir la véritable origine du feu ravageur.
