Placée sous l’autorité du ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, la Direction Générale de la Famille et de l’Enfant (DGFE), s’impose aujourd’hui comme un pilier central dans la mise en œuvre des politiques sociales au Burkina Faso. Sa mission est de protéger les droits de l’enfant, promouvoir la cellule familiale et favoriser l’insertion sociale des enfants vulnérables. Un engagement fort, inscrit dans l’article 69 du décret portant organisation du ministère.
L’année 2024 a été marquée par une intensification des actions. Les données de ce service indiquent que, à la date du bilan, 6 102 enfants ont été pris en charge par les services de la DGFE, dont 2 408 déplacés internes. 1 312 enfants ont retrouvé leur milieu familial ou communautaire, et 2 243 enfants ont été retirés des rues, parfois dans le cadre des opérations conjointes avec les forces de sécurité.
En parallèle, 144 pupilles de la Nation ont été encadrés dans leur parcours scolaire et professionnel. 100 enfants privés de famille ont été adoptés suivant les procédures légales en vigueur. Côté éducation, 3 238 enfants vulnérables ont reçu des kits scolaires, et 4 500 orphelins et autres enfants vulnérables, y compris porteurs de handicap, ont été pris en charge dans les 45 provinces.
La DGFE s’est aussi attaquée aux causes profondes des violences faites aux enfants. En 2024, 3 481 filles exposées aux mariages précoces ont bénéficié de bourses scolaires, et 1 295 adolescentes ont reçu un appui en formation professionnelle dans 12 centres d’éducation et de promotion sociale.
Une stratégie au service des communautés
Sur le terrain, la DGFE s’appuie sur un vaste réseau d’acteurs. Elle coordonne 1 424 Cellules Communautaires de Protection de l’Enfant (CCPE), 123 Réseaux Communaux, 45 Réseaux de Protection, ainsi que 12 Groupes de Travail pour la Protection de l’Enfant. Ces structures permettent d’identifier les cas critiques, de les orienter et d’agir rapidement. La sensibilisation reste un levier important. En 2024, 2 225 familles ont été sensibilisées à la parentalité positive, et 86 familles d’accueil ont été agréées et formées.
La DGFE ne se limite pas à la réponse d’urgence. Elle pilote plusieurs projets structurants, comme : la Stratégie nationale d’élimination des mutilations génitales féminines (2022-2026), la Stratégie nationale de protection de la famille et de l’enfant en cours d’élaboration, et le Plan national de lutte contre la traite des personnes.
L’accent est aussi mis sur la modernisation des services. La digitalisation du système de suivi des enfants vulnérables est en cours, tout comme la réforme du cadre réglementaire des structures d’accueil pour jeunes enfants. Le but est de faciliter l’accès des femmes à l’emploi en leur assurant des solutions de garde fiables et de qualité. La DGFE prévoit également la création d’un fonds dédié aux pupilles de la Nation et travaille à l’adoption d’une loi encadrant leur statut.
