L’épidémie, apparue en décembre dernier, touche désormais une large partie du territoire. Sur les 24 régions que compte la Grande Île, 20 signalent des cas notifiés ou suspects. La région de Mahajanga demeure le principal foyer de la maladie, mais la propagation vers d’autres zones, notamment la capitale Antananarivo, confirme une diffusion rapide du virus. Dans toutes les régions concernées, les autorités sanitaires assurent une prise en charge systématique des personnes suspectées ou confirmées porteuses du Mpox. Face à cette évolution, le gouvernement a renforcé les mécanismes de prévention et de riposte. Des centres d’opération d’urgence de santé publique ont été mis en place dans toutes les régions. Des barrages sanitaires ont également été installés sur les axes routiers à la sortie des zones les plus touchées afin de limiter la propagation du virus.
Les établissements scolaires et les sites touristiques font l’objet de mesures de protection accrues, car les déplacements internes restent un facteur de risque. Les investigations se poursuivent sur les nouveaux cas détectés, avec pour objectif d’adapter en permanence les mesures de prévention. À ce stade, aucun décès lié au Mpox n’a été signalé dans le pays, selon les autorités sanitaires, un élément rassurant malgré la progression du nombre de contaminations. Initialement concentré dans l’ouest du pays, le virus a atteint Antananarivo, où plusieurs cas ont été confirmés. Au centre hospitalier universitaire d’Andohatapenaka, les patients testés positifs sont systématiquement placés en isolement après confirmation par test PCR et analyses sanguines. Actuellement, 09 patients y sont pris en charge, parmi les premiers cas recensés dans la capitale.
Étienne, chauffeur de taxi-brousse hospitalisé à Antananarivo, se confie chez nos confrères de France Info, avoir consulté après l’apparition de boutons sur l’ensemble de son corps.
Je pensais que c’était juste de la fatigue liée à mon travail. Je n’avais pas de fièvre
, raconte-t-il.
Les analyses ont pourtant confirmé une infection au Mpox, illustrant la difficulté de détection précoce chez certains patients. Selon eux, le Mpox débute généralement par de la fièvre, des maux de tête, une fatigue intense et parfois des douleurs musculaires et articulaires. Après quelques jours, une éruption cutanée caractéristique apparaît, souvent accompagnée d’un gonflement des ganglions lymphatiques. Selon les médecins, toute apparition de lésions inhabituelles doit conduire à une consultation médicale immédiate afin d’éviter la transmission à l’entourage. Maladie virale rare identifiée pour la première fois en 1958 chez des singes de laboratoire, le Mpox se transmet par contact étroit, les fluides corporels, les gouttelettes respiratoires et des matériaux contaminés. Bien que généralement bénigne, l’infection reste très contagieuse et peut s’avérer grave chez les personnes vulnérables.
Les autorités sanitaires insistent sur la vigilance individuelle et collective. Éviter les contacts prolongés avec des personnes présentant des symptômes grippaux, porter un masque en cas de doute et limiter les rapports sexuels lors de l’apparition des symptômes font partie des recommandations. L’hospitalisation dure en moyenne 21 jours et le traitement repose principalement sur la prise en charge des symptômes, notamment par l’utilisation de paracétamol et de soins locaux pour les lésions cutanées. Face à la propagation du virus, certains pays voisins ont renforcé leurs contrôles. Les Comores exigent désormais un certificat médical aux voyageurs en provenance de Madagascar.
