D’après des informations relayées par la chaîne de télévision Equinoxe, plus de 3 500 abris ont été entièrement détruits par les flammes. Le bilan provisoire fait également état d’au moins un décès. Le camp touché accueille des familles déplacées ayant fui l’insécurité dans leurs localités d’origine. Les abris, construits essentiellement à partir de matériaux provisoires, n’ont pas résisté à la propagation rapide du feu. En l’espace de quelques heures, des milliers de personnes se sont retrouvées sans toit, privées de leurs biens essentiels, notamment les vêtements, les ustensiles de cuisine et les réserves alimentaires. À la suite de l’incident, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a réagi.
Dans une communication rendue publique le dimanche 8 février 2026, l’organisation a indiqué que l’incendie avait considérablement détérioré les conditions de vie des familles déjà en situation de vulnérabilité. Le HCR affirme travailler avec les autorités locales pour apporter une assistance d’urgence aux sinistrés. Cette assistance comprend la mise à disposition d’abris temporaires, la distribution d’articles de première nécessité et un accompagnement psychosocial au profit des personnes affectées. Selon l’agence onusienne, l’intervention vise à répondre aux besoins immédiats des familles tout en assurant leur protection. Une coordination est en cours avec les services administratifs et les acteurs humanitaires présents dans la zone afin d’organiser la prise en charge des populations touchées.
L’incendie de Kolofata remet une nouvelle fois en évidence les conditions de vie difficiles dans les camps de déplacés de l’Extrême-Nord. Selon les experts, ces sites, installés pour répondre à des situations d’urgence, seraient souvent confrontés à des problèmes liés à la surpopulation et à la fragilité des infrastructures. L’utilisation quotidienne de foyers traditionnels, combinée à la promiscuité et à l’absence de dispositifs de prévention, expose régulièrement ces camps aux risques d’incendie. La localité de Kolofata a déjà été confrontée à des incidents similaires. En février 2024, un incendie survenu dans un autre camp de déplacés avait entraîné la mort de deux enfants. Dans d’autres communes de la région, notamment à Kourgui, Doulo, Magdemé et Gané, des feux avaient également ravagé des camps, causant d’importantes pertes matérielles et plongeant de nombreuses familles dans le dénuement.
À la suite de ces sinistres, des aides ponctuelles avaient été mobilisées. En 2024, une assistance humanitaire d’urgence d’un montant de 50 millions de FCFA, composée de vivres et de kits de couchage, avait été acheminée vers les zones touchées sur instruction du président de la République. Ces actions avaient permis d’apporter un soutien immédiat aux victimes. La situation sécuritaire continue par ailleurs d’influencer la dynamique des déplacements dans l’Extrême-Nord. Depuis plus d’une décennie, les attaques attribuées au groupe Boko Haram ont contraint des milliers de personnes à quitter leurs localités. Selon les données du HCR, la région de l’Extrême-Nord accueille plus de 500 000 déplacés internes, sur un total estimé à environ un million sur l’ensemble du territoire national à la fin de l’année 2025.
