Depuis la mort de sa fille Ozanne, Henri Moukoko vit avec une douleur à laquelle s’ajoutent de nombreuses interrogations. Le 18 septembre 2026, la jeune fille de 11 ans est décédée après avoir été prise en charge à l’hôpital Laquintinie de Douala, alors qu’elle se trouvait quelques heures plus tôt dans son établissement scolaire. Depuis, son père cherche à comprendre ce qui s’est réellement passé au cours des dernières heures de la vie de son enfant.
Le vendredi 18 septembre devait être une journée ordinaire pour la famille Moukoko. Comme à son habitude, Ozanne s’est rendue au Collège De La Salle de Douala pour suivre ses cours. Quelques heures plus tard, son père recevait un appel lui annonçant que sa fille avait fait un malaise et avait été transportée à l’hôpital.
Depuis cette journée, Henri Moukoko tente de reconstituer les événements qui ont précédé la mort de son enfant. Dans ses différentes prises de parole, il revient sur les informations qui lui ont été communiquées, les démarches entreprises depuis le drame et les questions auxquelles il dit encore attendre des réponses.
Un appel qui fait basculer une journée ordinaire
Dans son récit, Henri Moukoko situe le début de son inquiétude à la fin de l’après-midi du 18 septembre. Il affirme avoir reçu, vers 17h07, un appel du professeur titulaire de sa fille.
Aux environs de 17H07, j’ai reçu un appel téléphonique du professeur titulaire de ma fille.
Selon son témoignage, l’enseignant lui aurait annoncé qu’Ozanne avait fait un malaise et qu’elle avait été conduite à l’Hôpital Laquintinie pour recevoir des soins. Le père prend alors immédiatement la direction de l’hôpital. En chemin, il contacte également le préfet des études de l’établissement. Celui-ci lui aurait indiqué, selon son récit :
elle est vivante .
Mais à son arrivée aux urgences pédiatriques, la situation est différente. Henri Moukoko affirme que le préfet des études lui annonce alors le décès de sa fille.
Elle est passée.
Ces quelques mots constituent, dans le récit du père, l’un des moments les plus douloureux de cette journée. À partir de là, une autre bataille commence : celle pour comprendre les circonstances exactes de la mort de son enfant.
Des questions sur les dernières heures d’Ozanne
Henri Moukoko affirme avoir ensuite demandé des explications sur la prise en charge de sa fille, depuis son départ de l’établissement jusqu’à son arrivée à l’hôpital. Selon lui, un document médical indiquait qu’Ozanne était déjà décédée à son arrivée à Laquintinie. Le père souhaite donc que les différentes étapes soient précisément reconstituées : l’heure à laquelle sa fille a été prise en charge, les personnes qui se trouvaient auprès d’elle, les conditions de son transport et les informations transmises à la famille.
Il demande également que les images des caméras de surveillance du Collège De La Salle soient examinées.
Je demande expressément aux experts et aux enquêteurs de visionner les images des caméras de surveillance de l’école.
Pour lui, ces images pourraient contribuer à établir la chronologie des événements et à répondre aux interrogations qui entourent les dernières heures de sa fille.
Les interrogations du père sur les constatations médicales
Dans sa communication, Henri Moukoko rapporte également des informations qu’il affirme avoir reçues d’un responsable médical après l’examen du corps de sa fille. Il évoque notamment des constatations qu’il estime suffisamment importantes pour justifier des investigations approfondies.
Ces éléments restent toutefois à établir dans le cadre des procédures en cours. Le père demande notamment que les expertises médicales permettent de déterminer avec précision les causes et les circonstances du décès.
Il dit avoir saisi les autorités compétentes et attendre désormais les conclusions des investigations. L’enquête étant toujours en cours, ces déclarations constituent à ce stade la version et les interrogations du père. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir les responsabilités ou les circonstances définitives du décès.
La vie d’Ozanne ne vaut pas 3 millions 150 000
Au fil des jours, plusieurs autorités se sont rendues auprès de la famille. Henri Moukoko affirme notamment avoir reçu des contributions financières destinées, selon les explications qui lui auraient été données, à l’accompagner dans les dépenses liées à cette période et aux procédures.
Ces contributions ont suscité des interrogations dans l’opinion. Le père rejette cependant toute idée selon laquelle ces sommes auraient pu constituer une contrepartie à son silence.
Sa réponse est sans ambiguïté :
La vie d’Ozanne ne vaut pas 3 millions 150 000.
Il explique également que son silence de quelques jours après certaines visites officielles n’était pas lié à un quelconque arrangement, mais à l’épuisement provoqué par les auditions, les démarches administratives, les visites et les événements qui ont suivi la mort de sa fille.
À un moment, j’étais à bout.
Derrière cette déclaration, c’est surtout l’image d’un père éprouvé qui apparaît, pris entre le deuil de son enfant et les démarches nécessaires pour tenter de comprendre ce qui s’est passé.
Une enquête dont il attend toujours les résultats
Henri Moukoko affirme que les auditions et les démarches judiciaires se poursuivent. Il dit également attendre les résultats des expertises, notamment ceux qui doivent permettre d’apporter davantage de précisions sur les circonstances du décès.
Mais il reconnaît ne pas disposer de toutes les informations sur l’évolution de la procédure.
Les enquêteurs me font comprendre que les enquêtes sont confidentielles.
Cette confidentialité alimente aussi son attente. Le père dit comprendre que les investigations nécessitent du temps, mais souhaite que les engagements pris par les différentes autorités se traduisent par des avancées concrètes.
La ministre des Enseignements secondaires s’était notamment rendue auprès de la famille le 25 septembre, après avoir tenu une séance de travail au sein de l’établissement pour chercher à comprendre les circonstances du décès.
Un père qui veut avant tout comprendre
Depuis le 18 septembre, Henri Moukoko ne parle plus seulement de la perte de sa fille. Il parle aussi de cette succession de questions qui accompagnent désormais son deuil.
Comment Ozanne a-t-elle passé ses dernières heures ? Dans quelles circonstances a-t-elle été prise en charge ? Qui était auprès d’elle ? Que s’est-il exactement passé avant son transfert à l’hôpital ? Les réponses à ces questions appartiennent désormais aux investigations.
Pour le père, l’objectif reste le même : comprendre ce qui est arrivé à son enfant et connaître la vérité.
La mort d’Ozanne Moukoko a laissé une famille dans le deuil et ouvert une série de questions auxquelles l’enquête doit désormais répondre. Henri Moukoko, lui, continue de porter la parole de sa fille disparue. Ses témoignages traduisent la douleur d’un père, mais aussi son attente de réponses.
Tant que les investigations ne sont pas arrivées à leur terme, les différentes versions doivent être confrontées aux éléments matériels, aux expertises et aux témoignages recueillis par les enquêteurs. Pour la famille Moukoko, au-delà des procédures, demeure une attente essentielle : savoir ce qui s’est réellement passé le 18 septembre 2026.

