À Douala, l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Dans plusieurs quartiers, les baisses de pression et les interruptions d’approvisionnement compliquent le quotidien des ménages. C’est dans ce contexte que la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) annonce la mise en service progressive de quatre nouveaux forages urbains, situés à Ndogbong, Koumassi, Logbessou et à la Cité des Palmiers. Selon les informations publiées le 19 octobre 2026 par La Voix du Koat, ces infrastructures devraient être opérationnelles avant la fin de l’année.
250 000 m³ de besoins quotidiens : une équation difficile
Les chiffres disponibles donnent la mesure du défi. En janvier 2024, les besoins en eau potable de Douala étaient estimés à environ 250 000 m³ par jour, selon des informations attribuées à la CAMWATER et relayées par StopBlaBlaCam. À cette période, la station de Yato produisait à elle seule environ 150 000 m³ quotidiennement. Cette production ne représentait donc que 60 % des besoins estimés, laissant apparaître un écart théorique de 100 000 m³ par jour.
D’autres données publiées en 2023 par Financial Afrik, sur la base de statistiques attribuées à la CAMWATER, faisaient état d’une opérationnelle de 225 500 m³ par jour, pour une capacité installée de 303 400 m³. L’article évoquait alors un déficit journalier estimé à 500 000 m³, un chiffre qui diffère sensiblement des estimations précédentes. Bien que ces données ne portent pas nécessairement sur le même périmètre ni sur les mêmes indicateurs, elles illustrent toutefois la difficulté à établir un bilan unique et actualisé de l’offre et de la demande dans l’agglomération.
10 000 m³ supplémentaires : un renfort, pas encore la fin des pénuries
Face à cette situation, les quatre nouveaux forages doivent apporter une capacité nominale supplémentaire d’environ 10 000 m³ par jour, selon la communication rapportée par La Voix du Koat.
Rapporté aux besoins estimés de 250 000 m³ par jour, ce volume représente l’équivalent de 4 % de la demande quotidienne de la ville. Les nouveaux ouvrages s’inscrivent dans un dispositif qui compte déjà treize forages industriels urbains, dont les capacités nominales cumulées sont estimées à 40 273 m³ par jour. La modernisation des conduites, la réduction des fuites, l’amélioration de la pression et l’extension du réseau apparaissent aussi importantes que la création de nouvelles unités de production. Sans ces mesures complémentaires, une hausse de la capacité de pompage ne garantit pas automatiquement une amélioration équivalente de la desserte.
Ndogbong, Koumassi, Logbessou et Cité des Palmiers dans l’attente
Pour les habitants des quartiers concernés, l’enjeu est concret : disposer d’une eau accessible, de qualité et disponible plus régulièrement. Les nouveaux forages pourraient contribuer à réduire les tensions locales sur l’approvisionnement, sous réserve de leur mise en service effective et de leur bonne intégration au réseau. La CAMWATER indique que des contrôles techniques et des analyses de la qualité de l’eau doivent précéder l’injection dans le réseau. Ces étapes sont essentielles pour garantir la conformité sanitaire de la ressource distribuée.

