Le gouvernement congolais a confirmé ce jeudi 04 septembre 2025, la résurgence du virus Ebola dans la province du Kasaï, au centre du pays. Selon le ministre de la Santé publique, Samuel Kamba, 28 cas suspects ont été recensés, dont 16 décès, parmi lesquels figurent quatre agents de santé. Le taux de létalité, estimé à 57 %, témoigne de la virulence de cette nouvelle flambée. Le premier cas confirmé actuellement, est celui d’une femme enceinte de 34 ans, admise le 20 août à l’hôpital général de Boulapé avec des symptômes typiques : fièvre, vomissements et hémorragies. Les analyses effectuées en début du mois de septembre par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont identifié la souche Zaïre, la plus agressive du virus. Face à cette situation, les autorités ont activé le système de gestion des incidents et déployé des équipes d’intervention rapide. Ils ont ausssi mis en place des structures de triage et d’isolement, et organisé des enterrements sécurisés pour limiter la propagation.
Une riposte et une mobilisation nationale
Le ministre Kamba a tenu à rassurer la population : « Il n’y a rien à craindre, car nous disposons des vaccins pour riposter et des équipes aguerries par 15 précédentes épidémies. » Il a également salué la mémoire des agents de santé décédés, les qualifiant de « héros discrets ». Le ministre a appelé à une mobilisation collective pour briser la chaîne de transmission.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a livré deux tonnes de fournitures, dont des équipements de protection individuelle, du matériel de laboratoire mobile et des équipements médicaux. Elle alerte toutefois sur une possible augmentation des contaminations et insiste sur l’urgence d’une riposte coordonnée. On compte 2 000 doses du vaccin Ervebo qui sont déjà disponibles et seront rapidement acheminées à Kinshasa pour vacciner les contacts et les professionnels de santé en première ligne.
Déclarer, c’est sauver
Alors que les autorités redoublent d’efforts pour contenir la maladie, le ministre de la Santé rappelle un message essentiel : « Cacher un malade, c’est exposer ; déclarer, c’est sauver. » La flambée épidémique à Kinshasa marque la seizième épidémie d’Ebola enregistrée en RDC. Le pays garde en mémoire les ravages causés entre 2018 et 2020, où plus de 2 000 personnes ont perdu la vie. Le territoire de Mweka, déjà éprouvé par des épidémies en 2007, 2008 et 2011, se retrouve une fois de plus au cœur de la lutte.
