Jeudi 13 août. Le couple kouanga quitte le domicile familial pour assister à une cérémonie de dot à Abomban. Valérie est alors à la maison. Quelques heures plus tard, une dispute éclate entre la jeune fille de 18 ans et Giani, son oncle âgé de 17 ans. Au centre du différend : le téléphone de Valérie. Ce qui commence par une querelle autour d’un appareil va tourner au drame. Le corps de la jeune fille sera finalement enterré derrière la maison. Deux semaines plus tard, la reconstitution des faits ramène Giani sur les lieux et permet aux enquêteurs de retracer les différentes étapes de cette affaire.
Un téléphone à l’origine de la dispute
Selon le récit de la mère de Valérie, le différend autour du téléphone ne date pas du jour du drame. Elle explique notamment avoir confié de l’argent à Giani avant son voyage. « Je lui ai donné 20 000 quand je voyageais, il devait déposer son dossier pour les études. Il a volé 10 000 d’argent. » Le lendemain, la mère de Valérie reçoit un appel de sa fille. Elle lui fait part de la découverte de son téléphone entre les mains de Giani.
« Elle m’appelle vendredi matin. Elle me dit : “Maman, tu sais que mon téléphone que je cherche depuis, j’ai retrouvé ça entre les mains de Giani.” » La mère lui demande alors de patienter jusqu’à son retour. « Je lui ai dit de laisser. Quand je vais revenir mardi, on va gérer cette histoire. » Mais lorsque la mère tente de joindre Valérie le samedi, son téléphone ne répond plus. « J’appelle l’enfant samedi, puis je lui ai demandé comment elle avait dormi. Son numéro ne passe pas. »
La dispute dégénère en bagarre
Lors de la reconstitution, Giani revient sur la confrontation avec Valérie. Selon son récit, la dispute autour du deuxième téléphone de la jeune fille aurait rapidement dégénéré en bagarre. Il explique avoir été poussé et avoir, à son tour, repoussé Valérie. Dans la transcription de ses déclarations, il décrit notamment un choc contre le mur avant de poursuivre ses gestes.
“Quand elle m’a donné un coup, moi je l’ai poussée. Elle a cogné sa tête sur le mur. ” Ces déclarations constituent le récit livré par le présumé meurtrier lors de la reconstitution. Les circonstances exactes du décès doivent être établies par la procédure judiciaire.
Le corps caché derrière la maison
Après la mort de Valérie, son corps aurait été transporté derrière le domicile familial puis enterré. Les traces susceptibles de révéler le drame auraient également été nettoyées. Pendant plusieurs jours, la famille ignore que la jeune fille se trouve à quelques mètres seulement de la maison. Une odeur inhabituelle finit cependant par attirer l’attention. Pour expliquer cette situation, Giani aurait évoqué la mort d’un chat enterré derrière la maison. Cette version ne permettra finalement pas de dissiper les soupçons.
« Maman, maman, on a vu une grosse pierre »
La découverte intervient environ deux semaines après les faits. Des enfants qui jouent derrière la maison remarquent un élément inhabituel et alertent leur mère. « Maman, maman, on a vu une grosse pierre. »
Des recherches sont alors entreprises derrière le domicile. Au cours des fouilles, la dépouille de Valérie est retrouvée. La jeune fille de 18 ans, dont la famille cherchait à comprendre la disparition, se trouvait ainsi enterrée derrière la maison familiale.
Giani et son passé à Douala
Les investigations menées par la gendarmerie s’intéressent également au parcours de Giani. Selon les éléments présentés dans le reportage, le jeune homme aurait vécu à Douala et aurait été associé à un groupe communément appelé « microbes ».
Son père l’aurait ensuite conduit à Yaoundé après un précédent forfait commis à Douala environ deux ans auparavant. L’objectif était alors de l’éloigner de la ville et de lui permettre de se mettre à l’abri pendant que la situation se calme. En 2024, le couple Quanga accepte de l’héberger à Ngolo Trois. La famille lui ouvre ainsi les portes de son domicile sans imaginer que cette hospitalité serait un jour associée à la mort de leur fille aînée.
Après le drame, une fuite
Après les faits présumés, Giani aurait quitté les lieux et serait retourné vers Douala avec l’aide de son père. Le reportage évoque également la responsabilité éventuelle de ce dernier, qui pourrait devoir répondre de ses actes devant la justice. Cette responsabilité devra toutefois être établie par les autorités judiciaires compétentes. Giani, âgé de 17 ans, est désormais détenu dans l’attente de la suite de la procédure.
Valérie avait 18 ans. Elle vivait dans un environnement familial où elle devait pouvoir se sentir en sécurité. Sa mort est pourtant survenue à la suite d’une dispute autour d’un téléphone, avant que son corps ne soit enterré derrière la maison. Deux semaines de silence auront séparé la disparition de la découverte de sa dépouille. Deux semaines durant lesquelles la famille ignorait encore ce qui s’était réellement passé.
Aujourd’hui, la reconstitution fait revivre les dernières heures de Valérie et ramène Giani sur les lieux du drame. Pour les proches de la jeune fille, il reste surtout une absence et une question douloureuse : comment une simple dispute a-t-elle pu conduire à la mort d’une jeune fille de 18 ans ? La justice devra désormais établir les circonstances exactes du décès de Valérie et les responsabilités de chacun.

